Jean, Smet et Match

6/12/2017      Les morts, à moins de vingt quatre heures d’écart, de Jean d’Ormesson et de Johnny Hallyday, nous ramènent cinquante quatre ans en arrière.

Le 10 octobre 1963 disparaissait Edith Piaf. Son décès n’était annoncé que le lendemain, le jour où, à son tour, Jean Cocteau se retirait. L’histoire nous avait été racontée à plusieurs reprises par Raymond Castans au début des années quatre vingts, lors des conférences de rédaction qui se tenaient à 17 heures dans son bureau, et durant lesquelles nous préparions la session d’information du lendemain matin. Car avant d’être directeur général de RTL, Castans avait été un rédacteur en chef de Paris Match extrêmement sollicité par tous ceux qui rêvaient, une fois dans la vie, de faire la une de l’hebdomadaire. Jean Cocteau était de ceux-là. Et il appelait régulièrement Castans pour lui en faire part: “Quand serais-je à la une de Match ?” Et la question donnait toujours lieu à la même réponse: ” le jour de ta mort “. Mais Jean Cocteau n’a jamais fait la couverture de Match car Edith Piaf lui a grillé la postérité. La chronologie des faits, et donc l’Histoire, se répète en 2017, avec pourtant une différence. Le 11 octobre 1963 était un vendredi. Paris Match avait plusieurs jours pour décider de sa prochaine couverture. Mais Johnny Hallyday est mort un mercredi matin. La couverture de Match était déjà fabriquée pour la parution du lendemain, avec Jean d’Ormesson en couverture. Tout à refaire. Il n’était pas trop tard pour que, pour la 89ème et peut-être dernière fois, Johnny Hallyday soit en couverture de Paris Match.

Actualisation 10h30: Décision prise par Paris-Match: Jean d’Ormesson en une du numéro qui paraîtra le jeudi 7 décembre. Deux jours plus tard, samedi 9 décembre, hors série de 80 pages Johnny Hallyday.