Retour au pays

14/05/2018             C’est un mot que le dictionnaire ignore encore, mais qui, eu égard aux nombreuses conversations, livres et articles qu’il suscite, ne devrait pas tarder à y faire son entrée. La voie est donc encore libre pour que chacun donne sa propre définition du mot IMPATRIATION.

Dans un article de près de neuf feuillets paru à la fin du mois d’avril 2018, le supplément week-end des Echos, sous la plume de Jessica Berthereau, donne comme définition au mot impatriation : retour d’expatriation. D’autres, en évoquant les impatriés, préfèrent parler d’ex-expats…. Bref, si le vocable diffère, l’idée demeure, se propage même : réussir son retour en France est souvent plus difficile que réussir son départ à l’étranger. Depuis quelques semaines, les équipes de Media Guide Associés, tiennent chronique sur le sujet, en donnant la parole à des hommes et des femmes qui vivent – ou viennent de vivre – cette expérience. Ces podcasts, diffusés au rythme de deux par mois, sur le site French Morning qui s’adresse aux communautés françaises d’expatriés, mettent en exergue les difficultés qu’ont ces anciens expatriés à se réacclimater à la vie en France. Tous sont d’accord sur le fait que les anciens amis sont précisément devenus d’« anciens » amis. : « Nous avons changé durant notre expatriation. Eux pas. Nos centres d’intérêt ne sont plus les mêmes. Nous devons bien souvent nous recréer un nouveau groupe d’amis ».  Nombreux sont ceux aussi qui se rendent compte qu’ici, en France, les formalités administratives sont plus longues, plus compliquées, et bien souvent plus chères qu’elles l’étaient ailleurs. Au travers de ces entretiens bi-mensuels que nous menons, nous avons ainsi acquis la certitude qu’un homme ou une femme ayant vécu un long moment à l’étranger, n’était plus le même à son retour. Parmi ceux que nous rencontrons, nombreux sont ceux qui n’ont pas choisi de revenir. Dans ce domaine, c’est bien souvent la situation professionnelle du chef de famille ou les études des enfants qui font loi. Et lors du retour, tous sont nostalgiques, bien souvent désarçonnés. La plupart d’entre eux éprouvent le besoin de retrouver une communauté de « gens comme eux », à l’image de la communauté française d’expatriés dont ils faisaient partie à l’étranger. Cette communauté n’existe pas dans les faits, mais tend à se construire de manière empirique. Un impatrié devenu recruteur en France, sera toujours plus « ému » par le CV d’un jeune qui a vécu à l’étranger. Une femme impatriée se rapprochera plus naturellement d’une autre femme impatriée. Pour le simple plaisir de confronter avec elle son expérience. Un organisme d’entre aide à l’impatriation – French Touch – s’est même créé à l’instigation d’une ancienne expat. Le regroupement est en route. Un site internet – impat.fr – vient d’être créé à Paris. Celui-ci est aussi décliné en page Facebook. L’un et l’autre se positionnent comme des lieux de rencontres ou chacun peut venir chercher un conseil. Tout ceci n’est qu’embryonnaire mais la première marche est aujourd’hui franchie. La deuxième sera l’apparition dans le dictionnaire du mot « impatriation ». Sûrement bientôt.